Traces - Ślady
Né dans un village du centre de l'Europe, où l'avenir est gris, Dziadek, mon grand-père, décide de partir, se
faire une vie meilleure.
Partir ne lui fait pas peur.
Le travail ne lui fait pas peur.
L'horizon sera en France, loin de ses racines, de sa culture, de sa langue. Il travaillera dans une mine
de fer et fondera une famille.
Et puis la guerre.
Et puis l'accident qui broie la jambe.
Et puis ces moments passés ensemble, faits de silences et d'amour.
Pour rendre hommage à cette vie d'ouvrier, ces quelques photos de cités ouvrières en Pologne comme fil rouge, avec en creux l'absence, le silence, la solitude, complices sans le dire, et quelques traces d'amour.
Une présence absente, une façon de croire qu'on peut vivre sans eux.
Travailler,
dur,
dans le fond, le noir,
ne me fait pas peur.
La peur est pour les miens, leur avenir.
La cité est là,
pas encore, mais presque.
Je suis dedans, si proche et pourtant ...
irai-je ?
Ce n'est pas un sacrifice quand on part de rien pour un peu de quelque chose.
Le quotidien et ses joies ordinaires,
les rires d'enfants résonnent dans les couloirs,
et le soir, au moment de s'endormir,
le sentiment paisible d'avoir fait, bien fait, d'avoir avancé.
La maison n'est pas très grande,
ce n'est pas au nombre de mètre carrés
qu'on mesure les preuves d'amour.
Le grand monde est à ma portée,
oserai-je un jour m'y confronter ?
Qu'y a-t-il à trouver
que je ne possède déjà ?
Dans le jardin,
il y a une couche,
des fraises,
des salades ...
des petits bouts d'espoir.
Dans ce monde des apparences,
une vie simple est une très grande richesse.
Au-delà du mur,
au-delà des apparences,
au-delà du béton et du gris,
il y a l'horizon,
bleu
Un rayon de soleil tombe sur une table,
sans bruit,
doucement,
il n'existe que pour celui qui le voit.
Le temps est une fabrique à usure,
mais je porte en moi bien plus qu'une vie,
je porte de l'espoir.
Je ne sais pas où va ce monde,
je sais où je vais,
et même si mon avenir n’est rempli que de petites choses,
elles ont plus de valeur que les ors du palais.
Quel Dieu, pour quelle foi ?
Dans ce si grand univers,
j'y ai trouvé ma place,
comme la vague sur l'océan,
qui ne disparaît jamais complètement
Un bruissement de feuilles,
le vent chuchote à l'oreille
de qui veut l'entendre,
je reviens.
A présent,
je regarde mon jardin assis sur un banc,
il est rempli de richesses,
plus précieuses que l'or,
et ça, personne ne me l'enlèvera