Entre Mémoire et Résilience
Verdun
"Les collines, jadis couvertes de sapinières, ne sont plus que des crêtes pelées, des terres nues et chauves où, çà et là, se dressent encore quelques troncs d'arbres squelettiques.C'est tout ce qui reste des bois qui entouraient Verdun", observait un témoin en 1919.
La Zone Rouge
Autrefois, cette "zone" livrait blé, orge, et les vergers faisaient abondance de poires et de mirabelles,
et le printemps sentait l'herbe fraîche.
Et soudain, déchirant l'azure, le bruit,
le métal qui tue,
le gaz qui emporte,
l'horreur,
tous ces morts inutiles, un combat mais pour quel vainqueur ?
Le temps s'est figé sous l'épaisseur des branches.
Le sol ne se repose pas, il s'essouffle encore.
Des milliers de cratères, comme autant de bouches muettes, dessinent un relief qui n’appartient plus aux hommes, mais à la terre seule.
Dans le gris cendre du silence, la forêt ne cache pas la guerre : elle la digère lentement.
Le silence dans les bois,
et le sang coule à nouveau dans les veines.
Et puis la vie s'éveille, l'avenir un nouvel horizon.
La vie reprend, simple, paisible, avec ses petits tracas, ses fièvres et ses joies.
Qu'en est-il aujourd'hui ?
Le souffle léger d'un vent d'octobre me pousse à témoigner
Pas de constat, pas de jugement,
entre mémoire et résilience.