Contax, l'union entre le prestige optique allemand et le génie industriel japonais
C'est l'histoire d'un sauvetage réciproque et d'un partenariat qui a produit des légendes.
Contexte : Deux Géants en Difficulté (Années 1970)
1. Carl Zeiss (Oberkochen, Allemagne de l'Ouest) :
Le saint patron de l'optique, incontesté depuis plus d'un siècle.
- Possède un département photo prestigieux (pour les boîtiers Contax et les objectifs) mais inefficace et extrêmement coûteux.
- La fabrication allemande rend les produits hors de prix sur un marché dominé par les innovations japonaises (Nikon, Canon, Minolta).
- Zeiss a besoin de rationaliser sa production et de réduire drastiquement ses coûts pour survivre dans le marché grand public.
Un fabricant japonais réputé pour ses appareils fiables et abordables, mais perçu comme une marque "milieu de gamme".
- En difficulté financière et technologique face à la concurrence féroce des grands (Nikon, Canon).
- Manque cruellement de prestige, d'image haut de gamme et de savoir-faire optique de pointe pour percer sur le marché professionnel.
- A besoin d'un coup de projecteur et d'une technologie d'avant-garde.
- Zeiss (le Cerveau/Le Designer) :
- Fournit l'expertise optique ultime, le design des objectifs (formules, calculs, spécifications).
- Donne accès à sa technologie brevetée, notamment le traitement anti-reflets T* (T-Star).
- Contrôle qualité strict : chaque lot de verre, chaque objectif assemblé devait passer les tests et l'approbation des ingénieurs Zeiss avant commercialisation.
- Offre le nom mythique "Contax" pour la nouvelle ligne de boîtiers reflex haut de gamme.
- Yashica (les Mains/L'Usine) :
- Prend en charge la conception et la fabrication des boîtiers d'appareils photo.
- Fabrique en série les objectifs selon les plans et spécifications de Zeiss, dans ses usines japonaises modernes et efficaces.
- Gère la production à grande échelle, la logistique et une grande partie du marketing/distribution.
- Apporte sa maîtrise de l'électronique (un point fort japonais à l'époque).
Années 1980-1990 : Succès constant avec des boîtiers innovants comme le Contax 139 Quartz, le Contax AX (premier AF par déplacement du film !), et les télémétriques Contax G1/G2. La collaboration fonctionne à merveille.
- Changement de Propriétaire : En 1983, Yashica est racheté par Kyocera, le géant de la céramique et de l'électronique. Kyocera continue et finance le partenariat avec Zeiss, poussant même l'innovation (comme le Contax AX).
- La Fin (2005) : Face au déclin du marché de l'argentique et à la montée irrésistible du numérique (domaine où Zeiss n'avait pas de boîtier), Kyocera décide de se retirer complètement du marché photo. La production des appareils Contax et des objectifs Zeiss C/Y cesse. Le partenariat prend fin après 30 ans
- Pour Zeiss : Elle a sauvé sa division photo grand public, lui a permis de rester un acteur majeur jusqu'à l'avènement du numérique, et a cimenté la réputation mythique de ses objectifs T* pour les générations futures.
- Pour Yashica/Kyocera : Elle a propulsé la marque dans la cour des grands, a produit les appareils les plus prestigieux de son histoire et a démontré son savoir-faire technique.
- Pour les Photographes : Elle a donné naissance à l'un des systèmes les plus appréciés et désirables de l'histoire de la photo, dont les optiques, grâce à leur monture manuelle robuste, connaissent une seconde vie phénoménale sur les appareils numériques sans miroir (Sony, Fujifilm, etc.) via des adaptateurs.
Les optiques
Objectifs pour monture Contax/Yashica (C/Y) (années 1970–2000)
Quand Contax a été relancé avec des reflex et boîtiers modernes (RTS, 159, etc.) en partenariat avec Yashica/Kyocera :
Zeiss a développé une large gamme d’objectifs en monture C/Y.
Apotelyt
Ces objectifs étaient produits soit en Allemagne (généralement marqués “Made in West Germany”), soit au Japon (marqués “Made in Japan”) selon les versions et périodes.