Pensées - Jeanloup Sieff

« La représentation photographique ne sera, hélas jamais fidèle au sentiment qui l’a fait naître, mais même dans son imperfection, elle est cette tentative, naïves, de retarder la mort, d’arrêter le temps sur un regard, une lumière, un moment privilégié, qui jamais plus ne seront semblables mais continueront à vivre grâce à elle, comme ces étoiles mortes depuis des millénaires, mais dont la lumière n’a pas encore fini de voyager vers nous, pour nous montrer ce qu’elles furent. »

« J’ai toujours refusé le recadrage, par discipline personnelle, considérant que l’inscription dans un espace donné étant aussi importante que ce que l’on photographiait. S’il faut recadrer, c’est que l’on était au mauvais endroit ou à la mauvaise distance, donc que l’image n’est pas bonne. »

« A trop vouloir analyser, on tue l’émotion. »

« Jamais la photographie ne pourra retranscrire avec fidélité tout ce que j’ai pu vivre et ressentir mais elle a sa vérité propre, différente, que je découvre toujours avec étonnement et surprise comme si j’en étais plus le responsable. »

« Dans toutes les photographies, c’est bien du temps qu’il s’agit ; du temps qui glisse entre les doigts, entre les yeux, du temps des choses et des gens, du temps des lumières et des émotions, du temps, qui jamais plus, ne sera comme avant. »

Jeanloup Sieff

Tout est (tellement bien) dit.