Mes réflexions du jour - Avril 2026
Une séance de prise de vue...
Qu'en est-il ? J'aime bien partir avec un projet en tête ; je trouve qu'il est plus facile de délimiter ainsi les photos que je vais réaliser.
Mais ce n'est pas toujours évident.
Un projet sous-entend une unité de lieu, de temps, de personnes...
Pourtant, que fais-je si l'irrésistible envie de déclencher me vient alors que je ne suis pas dans l'unité de lieu ou de temps du projet ?
C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai souvent deux ou trois projets qui cohabitent simultanément.
Quand je prends des photos et que je suis dans de bonnes dispositions, je dois débrancher mon cerveau. Le poser à côté de moi - de préférence dans un endroit sec et légèrement ensoleillé - tout en m'assurant de disposer d'un point de repère pour pouvoir le retrouver par la suite.
Une fois que mon cerveau est débranché, je me laisse porter par tout ce qui m'entoure : le bruit du vent, le son de mes pas, l'odeur du printemps, une touche de lumière au travers des branches.
C'est seulement à cette condition que je prends des photos qui me "parlent". J'évoquerai sûrement ce point dans un autre billet : est-ce que les photos qui me parlent doivent nécessairement parler aux autres ?
Ce processus est lent, analogique.
C'est sûrement pour cette raison que j'aime toujours autant travailler en noir et blanc sur de vraies pellicules avec mon Contax RTS II.
Je ne déteste pas le numérique - c'est facile, agréable et les résultats sont à la hauteur - mais je me rends compte qu'avec lui, je travaille comme je suis dans la vie : plutôt rapidement, parfois même nerveusement.
C'est une autre approche, pour des sujets différents.
Est-ce que pour autant, quand je décide d'un projet, que tout est écrit ?
Non, pas du tout. Le projet n'est qu'une base de travail.
J'imagine des séquences dans un livre et, une fois dans le réel de la prise de vue, les choses s'éclairent... ou pas. Le projet se redessine souvent à ce stade, et c'est là que tout le charme opère : se laisser emporter par le flot, plus que par la raison.
