A quoi ça sert ? Réflexion sur la photographie

Hier, nous étions à Longwy pour le Carnaval Vénitien.
Évidemment, j'ai pris quelques photos.
Beaucoup plus de "carnavaliers" en costume que je ne le pensais, deux troupes venant d'Émilie-Romagne, l'une de chapeaux pointus très hauts, et l'autre, une fanfare avec des lanceurs de drapeaux.
La lumière était curieuse, une lumière trop blanche malgré un ciel qui s'est couvert au fil de l'après-midi.

J'ai eu énormément de mal à rentrer dans une séance de prise de vue. Le sujet est à la fois facile — les costumes sont merveilleux, les masques incroyables - mais...
Mais le décor, le fond des photos est très difficile, il y a trop de monde.
Mais le côté factice me gêne : c'est beau, mais ce n'est pas la "vérité". Le beau pour paraître plus que pour être, l'effacement derrière le masque.

Je rentre à la maison et je me pose la question : "La photo, ça sert à quoi ?"

Est-ce que la photo peut changer le monde ?
Le photojournalisme a rendu compte de tragédies qui ont secoué le monde : les guerres, la misère. Des centaines de ces photos ont ému, marqué les esprits : les camps de concentration, le Vietnam, la lutte pour les droits civiques, le petit garçon de 3 ans noyé sur une plage, le manifestant devant un char de Tiananmen...

La photo transmet à la fois une information et un message. Elle a le "mauvais goût" de rester, de constituer une mémoire.
Est-ce la photo qui change le monde ou le rapport du spectateur à l'image ? Si la photo émeut, elle peut allumer une petite lumière à l'intérieur, qui finira peut-être par allumer un brasier à l'extérieur.

Est-ce que ma photo va changer le monde ?
Mon rapport aux autres : surement
En tout cas, elle change ma vie, et c'est déjà quelque chose.

Quelques photos du carnaval :

La dame rousse à l'éventail - Carnaval de Longwy

La troupe de lanceurs de drapeaux d'Émilie-Romagne

Pierrot et Arlequin s'amusent au carnaval

La troupe costumée en rouge au carnaval vénitien

Le masque aux yeux blanc et la fourure

shuut en rouge