Bronica GS-1 : Le Multi-Format Haute Couture du Moyen Format
Dans l'arène du moyen format 6x7, deux titans se sont longtemps partagé le gâteau : le Mamiya RB/RZ67 et le Pentax 67. Pourtant, en 1983, une alternative japonaise plus légère, plus moderne et incroyablement polyvalente est venue bousculer l'ordre établi : le Bronica GS-1.
1983 : La naissance d'un "Petit Géant"
Lancé par Zenza Bronica, le GS-1 (pour Grand System 1) marque l'aboutissement de la vision de Zenzaburo Ogino. Après le succès des systèmes ETR (6x4.5) et SQ (6x6), Bronica voulait un boîtier capable de produire le prestigieux "négatif idéal" 6x7 cm, mais sans le poids handicapant de ses concurrents.
Le GS-1 est arrivé à une époque charnière où l'électronique commençait à fiabiliser les boîtiers professionnels, offrant une précision d'exposition que les systèmes mécaniques peinaient à maintenir sur la durée.
Fiche Technique : L'électronique au service du format
Le GS-1 n'est pas qu'un simple agrandissement du SQ-A. C'est un système entièrement nouveau, pensé pour la rapidité en studio et sur le terrain :
- Format de base : 6x7 cm (10 vues par rouleau 120).
- Modularité totale : Dos interchangeables (6x7, 6x6, 6x4.5 et même 35mm panoramique), viseurs (poitrine ou prisme AE) et verres de visée.
- Obturateur électronique : Intégré à chaque objectif (obturateur central Seiko), permettant la synchronisation flash à toutes les vitesses, du 1/500s à 16 secondes.
- Optiques Zenzanon-PG : Une gamme de lentilles spécifiquement calculées pour ce boîtier, réputées pour leur piqué chirurgical et leur rendu des couleurs neutre.
Réception : Le choix de la raison
À sa sortie, le GS-1 a été salué pour son incroyable rapport poids/puissance. Plus compact qu'un Mamiya RZ67 et doté d'un miroir moins brutal que celui du Pentax 67, il est devenu l'outil de prédilection des photographes de mariage et de paysage qui souhaitaient la qualité du 6x7 sans finir la journée chez le kinésithérapeute.
Toutefois, pur produit de son temps, son entière dépendance à la pile (une PX28) pour déclencher l'obturateur a initialement refroidi les puristes du "tout mécanique". Une crainte vite dissipée par la fiabilité exemplaire du système.
Pourquoi choisir le GS-1 aujourd'hui ?
- La légèreté (relative) : C’est probablement le système reflex 6x7 le plus "utilisable" à main levée, surtout avec la poignée "Speed Grip".
- La mesure TTL de pointe : Avec le prisme AE G, le GS-1 offre une mesure de lumière d'une précision redoutable, rare pour cette époque.
- Le prix : Longtemps resté dans l'ombre du Mamiya 7 ou du Pentax 67, il reste (pour l'instant) plus abordable tout en offrant des optiques au moins aussi performantes.
Ils ont utilisé Bronica
Bien que la marque ait toujours eu une image de "challenger" face à Hasselblad ou Mamiya, de grands noms ont fait confiance à l'optique Zenzanon. Le légendaire Bernice Abbott a utilisé des boîtiers Bronica pour ses travaux de fin de carrière. Dans la mode et le portrait, de nombreux photographes de studio des années 80 et 90, comme Joe Buissink, ont exploité la douceur et la précision du système Bronica pour leurs publications internationales.
En résumé
Le Bronica GS-1 est le sommet de l'ingénierie de Zenza Bronica. C'est un boîtier pour ceux qui cherchent la perfection du format 6x7 avec la souplesse d'un petit format. Un "outsider" magnifique qui n'a rien à envier aux plus grands noms de l'histoire de la photographie.
Pourquoi j'ai un Bronica GS1
Je souhaitais m'équiper d'un moyen format argentique de longue date. Celui qui me faisait rêver quand j'étais jeune, était le Pentax 6x7, qui trônait majestueusement dans la vitrine du vendeur photo installé sur la rue qui longe le bras de la Moselle à Metz.
Si le Pentax était le choix de coeur, le Bronica a été le choix de la raison, en effet ces appareils finissent par être rattrapés par leur grand age, et sur ce terrain le Bronica s'en sort mieux que le Pentax.
Le mien est équipé d'un dos 6x7, et je n'ai pas encore trouvé la bonne distance de prise de vue, cela va me demander encore un peu de travail.
Par contre, le choix de ce type d'appareil m'oblige à aller lentement et c'est ce que je recherchais.
© Jacques Mielcarek