Bernard Plossu : L'esthétique du presque rien

"Bernard Plossu ne photographie pas ce qu'il voit, mais ce qu'il ressent en marchant. Entre poussière mexicaine et lumière méditerranéenne, il a inventé une photographie de l'imperceptible."

1. La Vie : Un nomade immobile

Bernard Plossu (né en 1945 au Vietnam) est le photographe de l'errance. Il n'est pas un reporter qui cherche le scoop, mais un marcheur qui enregistre le monde.
- Le Mexique (1965-1966) : C'est le voyage fondateur. Il y découvre une liberté totale et publie plus tard Le Voyage Mexicain, un livre culte qui a cassé les codes de la photo humaniste trop rigide. - Le Nouveau-Mexique : Il y vit de nombreuses années, capturant la solitude des paysages américains. - L'Italie et les îles éoliennes : Un retour vers la Méditerranée, vers une lumière plus douce et des moments d'intimité.

2. L'Œuvre : La "Séquence" et le Sentiment

L'œuvre de Plossu ne se découpe pas en "scandales" ou en "chocs", mais en sensations.
- La notion de "Petit Format" : Contrairement à ceux qui cherchent le détail hyper-net, Plossu accepte le grain, le flou de bougé, et la vibration de l'air. - Le Voyage comme état d'esprit : Pour lui, photographier n'est pas "prendre" une image, mais être présent. Ses photos sont souvent prises à hauteur d'homme, sans angle spectaculaire. - Le Noir et Blanc vs Couleur : S'il est maître du noir et blanc granuleux, il a aussi réalisé des séries en couleur via le procédé Fresson (charbon), qui donne un aspect mat et pictural unique.

3. La Technique : L'éloge du 50 mm

- L'objectif unique : Plossu est indissociable du 50 mm. C'est l'objectif de la vision humaine normale. Pas de grand-angle qui déforme, pas de téléobjectif qui écrase. - L'appareil : Il a longtemps utilisé des Nikkormat ou des boîtiers simples, souvent d'occasion. Il dit lui-même : "L'appareil ne compte pas, c'est l'œil." - Le Tirage : Il délègue souvent le tirage (notamment à Guillaume Geneste), car pour lui, l'acte photographique s'arrête au moment où il a "senti" l'image.

Ce que je retiens

cette immense impression de liberté, Bernard Plossu n'est pas attaché à une esthétique formelle, il capture le moment dans tout ce qu'il a de fugace, d'immédiat.
Le style est subtil, léger, ses images sont aériennes et donnent immédiatement à respirer un air de nostalgie d'un beau moment.
Une photo douce.

Citation : "La photo, c'est le prolongement de l'œil, pas de la technique." Les deux vagues © Bernard Plossu Françoise © Bernard Plossu Agades © Bernard Plossu Encore Françoise © Bernard Plossu